Ouille ! Aie ! Deux jours après j'ai encore des douleurs aux mollets !
Petit retour sur un très beau Trail mais au dénivellé...comment dirais-je ?...surprenant !
Jeudi 1er Mai, reveil à 5H30 du matin après une nuit légèrement agitée.
Petit dejeuner style Café-Gatosport, et derniers préparatifs avant de prendre la route pour rejoindre Saint Antonin Noble Val à 1 heure de chez moi.
Arrivée à 7h30. Récupération du dossard. Pour l'instant le village est calme, les voitures commencent à arriver de tous les départements voisins (31,33,64,81,24,46). C'est bon, il va y avoir du monde. En plus, le beau temps sera de la partie même si pour l'instant le village est plongé dans la brume.
Départ à 8h de tout les concurrents c'est à dire aussi bien ceux qui vont faire les 34 bornes en individuel, que ceux qui les feront par équipes (15 km+19 km). Bonne ambiance.
Première boucle (15.5 km-500+)
Après une rapide traversée du village, montée sur la route jusqu'au pied du premier dénivelé du style Marches/échelles.
J'appréhendais cette première montée mais finalement elle passe vite et bien.
Nous arrivons donc rapidement sur un chemin en corniche avec vue sur les falaises éclairées par le soleil et une vallée noyée dans les nuages. C'est très beau. Mais attention, on ne peut pas trop courir et regarder le paysage en même temps, car cela glisse très fort sur les pierres plates. Puis suivra une belle descente, toujours en single-track, toute aussi glissante. Le soleil se lève. Je retire mon coupe vent sans manches.
Ensuite suivra une longue remontée sur un chemin large en faux plat, puis des chemins moitié larges, moitié single dans les buis. La vie est belle et j'essaye à la fois d'avancer mais en m'économisant car j'ai vu que la deuxième boucle sera plus dure.
Après la grande descente du Calvaire (le vrai, pas encore le mien), on revient dans le village de Saint Antonin pour attaquer le deuxième boucle. J'ai mis 2 heures, ce qui pour moi, est bien et en plus je me sens bien. Pas de soucis. Je prend le temps de m'arrêter au ravito pour refaire le plein d'eau, boire un verre de coca et avaler un gel antioxydant. Mais je m'aperçois que mon Garmin s'est arrêté de fonctionner après 4,1 km de course. C'est ballot. Je repars...confiant mais concentré.
Deuxième boucle (19 km-700+)
Puis, dès la sortie du village arrive la fameuse montée du Roc d'Anglars. ARRRGGHHH ! Ce n'est pas une montée, c'est un mur. On monte à quatre pattes, en s'aidant de tout ce qui nous tombe sous la main.
Merci aux arbres, merci aux racines, merci aux câbles, merci aux pierres et merci aux insectes qui m'ont prêtés la main.
Surtout, rester calme. Respirer. ménager les jambes.
Enfin, la fin de la montée avec au bout le photographe, ce sadique, qui veut que l'on lui fasse une risette.
Pour moi, le départ de la galère.
Des crampes, méchantes, arrivent. Et il me faudra plus d'un kilomètre pour pouvoir recourir a peu près correctement. J'ai même commencé à faire 100 mètres en arrière avec l'idée d'abandonner tellement les douleurs sont vives devant le tibia et aux mollets.
Mais à ce moment là, je décide de reprendre le trail, d'aller jusqu'au bout, de ne pas abandonner. Je ne veux rien lâcher . «Là où il y a une volonté, il y a un chemin»-une devise que j'ai vu sur un superbe cadran solaire dans les Hautes Alpes-.
Surtout qu'à ce moment là, j'ai toujours espoir d'en finir assez rapidement avec ces crampes. Je sors mon MP3 pour m'isoler. Je continue à bien m'alimenter et boire..beaucoup.
Mais non, une fois le plateau passé, les crampes sont toujours là, et la deuxième montée, sur un chemin large se fera en marchant. Cela m'agace. Que je perde du temps, cela ne me gêne pas, mais que j'en fasse perdre aux bénévoles cela m'embête. Je continue. La descente sera plus tranquille pour les crampes.
Arrivé sur les berges de la rivières, les crampes se font encore plus dures et maintenant ce sont les cuisses (face interne) qui morflent. C'est infernal, et ce, malgré une pastille magique qu'une concurente sympa me passera.
La dernière montée vers le cirque de Beaume sera un véritable calvaire, dans les rochers, avec les mains courantes, la boue et mes deux jambes en bois.
La descente sera tout aussi dure . Au moment où je commençais à recourir, patatra ! une couleuvre déboule devant moi, me faisant faire un arrêt brutal type ABS, qui me fait hurler de douleur et me projette à terre tant celle ci est dense. Je me bloque les pieds sur un arbre pour étirer les crampes.
La dernière partie sur les berges se fera en marchant et quand j'arrive sur la route je relance une dernière fois pour la postérité.
Je finis par arriver après 5h30 de course. (J'avais prévu 5 heures au max), et je suis arrivé sans abandonner, et derrière ce visage de fatigue apparaît le visage du bonheur de l'avoir fait.
Mais, ce n'est pas de la fierté car je sais que je me suis fais mal dans mon entêtement et que çà, c'est pas bien.
En résumé, ce trail est vraiment une très belle épreuve, mais les deux grosses montées du deuxième circuit ne sont vraiment pas faciles à aborder. Les paysages et les chemins sont superbes, et les organisateurs sont au top.
J'ai été aussi très touché par l'ambiance, les encouragements des concurrents qui me doublaient et des bénévoles qui tenaient les postes.
Ce qui m'épate (pour un petit traileur comme moi) c'est le temps des premiers qui bouclent le circuit en moins de 3 heures. C'est surtout que je me demande comment ils ont fait dans toutes ces parties plus ou moins rapides où le sol était très glissant ? Je me dis que leur vitesse devait être importante dans la vallée de la premère boucle, sur le plateau de la deuxième et sur les berges en fin de parcours.
Le bon coté des choses, c'est que cela me fera un objectif pour la saison prochaine : pas de crampes en moins de 5 heures.
Dans 15 jours, le Trail des Corniches à Millau. (26 km/950+). Là aussi, les paysages sont superbes, l'organisation top. J'espère simplement que j'aurais bien récuperé des crampes.

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